fév.2018
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Les difficultés de prononciation chez l'enfant

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Les difficultés de prononciation chez l'enfant

Il est tout à fait naturel que son langage laisse apparaître quelques difficultés de prononciation. Les plus classiques sont le zozotement, ainsi que les sons « an » prononcés « un ». Toutes ces légères difficultés sont d‘origines différentes et peuvent avoir des causes aussi bien d'ordre physiologique que psychologique. L’incapacité prononcer les « s » correctement est due à un défaut de déglutition associé à un mauvais positionnement de la langue. C’est un « souvenir »  de l’époque où le bébé était encore au sein ou au biberon. Pour téter, l’enfant interpose sa langue entre ses gencives. Normalement, après l’apparition des dents de lait, la langue reste à l’intérieur de l’arcade dentaire. Mais il lui arrive de garder ce vieux réflexe. Les autres défauts de prononciation sont dus très souvent au fait que l'enfant n’a pas découvert naturellement la position de la langue et de la bouche pour bien dire la lettre, à moins qu'il n'ait pas bien fait la différence phonétique entre certaines lettres.

 Juste l’indispensable

 Certains enfants de cet âge n'utilisent et ne connaissent qu'un vocabulaire très courant : « papa, maman, lit, pain », etc. et se refusent même à faire des phrases. Bon nombre d'entre eux s’expriment ainsi parce qu’ils ne voient pas l’intérêt de se compliquer la vie puisque leur entourage les comprend très bien. Quelques-uns de ces troubles se rencontrent aussi chez les enfants prématurés. On oublie toujours qu’ils sont moins mûrs que les enfants du même âge. Pour bien évaluer leur retard de langage, il faut « corriger» leur âge. Il peut aussi arriver que l'enfant bégaie. Rassurez-vous, cela n’a rien à voir avec un véritable trouble du langage. En fait, sa pensée va plus vite que ses paroles et il lui faut encore souvent chercher ses mots. L’émotion, la nervosité, la fatigue ne l'aident pas. Il double aussi fréquemment certaines syllabes... mais il peut le faire par jeu.

Pour d'autres enfants, c'est leur quasi-silence qui inquiète les parents. Là encore, n'ayez aucune crainte, ce n‘est pas parce qu'il « dit » très peu de mots qu’il est en retard. Bon nombre d’enfants écoutent d’abord avec beaucoup d'attention pendant de longues semaines avant de se lancer dans une conversation. Ils se mettront à parler tout à fait correctement d'un seul coup, essentiellement quand ils ne pourront plus faire autrement pour se faire comprendre. Pourtant, certaines difficultés sont dues à l’environnement et à des parents qui ne parlent pas assez à leur enfant, ou trop. Dans ce cas, sur-stimulé, il s'inhibe pour résister à la pression. À cela s'ajoutent parfois des problèmes affectifs.

Les troubles « graves » du langage sont rarement isolés.

 Des problèmes mécaniques

 Des malformations congénitales, qui entraînent une mauvaise position des dents, de la langue, des lèvres, du palais ou encore des cloisons nasales, peuvent être à l'origine de troubles graves du langage.

 Dans certains cas, ces malformations nécessitent une intervention chirurgicale. Aujourd'hui, plus aucun enfant ne devrait grandir avec une fente labiale (appelée bec-de-lièvre). La chirurgie réparatrice sera suivie d'une rééducation par un orthophoniste .

La timidité

Elle naît devant une situation inconnue ou face à un adulte étranger. C'est la peur, évidente ou refoulée, de décevoir un juge, bien souvent un des parents, celui auquel il est le plus attaché. Due à une dévalorisation, l'enfant va se sentir incapable de faire face, due à une survalorisation, il va avoir peur de ne pas être à la hauteur de ce qu'on lui demande. La timidité peut devenir « handicapante » quand elle conduit l'enfant à éviter de poser des questions ou de rencontrer les autres.

 Un enfant à sa juste valeur

 La timidité n’est pas héréditaire, elle ne doit pas se transmettre de parents à enfants ; il est normal qu'un enfant se développe mieux que ses parents. Certains troubles du langage sont aussi à mettre au compte d'une timidité anormale. Le problème se « soigne » en fait par une certaine indifférence de la part des parents.

 Les « r >> et les « s »

 Le zozotement se construit au fur et à mesure que l'enfant construit son système phonétique. Il est souvent gêné par une langue un peu volumineuse par rapport à sa bouche, il déglutit encore comme un bébé, il suce son pouce, une tétine ou un doudou. Il veut peut-être rester encore un peu le « bébé de sa maman ». Bref, il a des tas de bonnes raisons de ne pas prononcer les sifflantes correctement. Mieux vaut ne pas intervenir.

En effet, ce trouble, qui disparaît naturellement vers 3-4 ans, a toute chance de persister si l'entourage exerce trop de pression : en exigeant de ce petit enfant de répéter correctement derrière eux le mot mal prononcé, on provoque de sa part une crispation de la langue et des lèvres et la production de sons hypertoniques. Le zozotement risque alors de s'intensifier et de développer un vrai trouble qui devra être rééduqué.

Rares sont les enfants qui prononcent correctement les « r », que ceux-ci se placent au début, au milieu ou à la fin d’un mot. En fait, le son de cette lettre n'appartient pas à leur système phonétique. L’enfant l'apprend en percevant la sensation de sa langue sur l'arrière de sa gorge.

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