avr.2017
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Faut-il vraiment parfois punir son enfant ?

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Faut-il vraiment parfois punir son enfant ?

Pour vous, la punition est synonyme d’éducation répressive, d’humiliation, voire de sadisme... Alors, le jour où votre meilleure amie qui n’a pourtant rien d’une tortionnaire refuse de laisser sa fille venir jouer avec la vôtre, «car elle est punie », vous êtes plus que troublée...

Pourquoi rejetez-vous en bloc la punition de votre enfant ?

Inconsciemment, vous craignez peut-être que la punition n’aboutisse à la perte de l’affection de votre enfant. Vous êtes angoissée à l’idée de ne pas être un bon parent. Surtout si vous avez des reproches à faire aux vôtres...

À quoi sert la punition ?

- La punition est le complément nécessaire de l’interdiction

Elle rend l’interdiction crédible. C’est parce que la punition existe que l’enfant croit en l’interdit édicté par son parent et apprend à le respecter. Parfois, les mots seuls, sans contrepartie répressive, ne suffisent pas à interdire. La punition permet de comprendre qu’il y a des règles et qu’en cas de non respect de celles-ci, il existe des sanctions. C’est la base de l’apprentissage de la vie en société.

- La punition évite au parent de crier ou de se mettre en colère

Il est préférable pour l’enfant de recevoir une sanction qui le libère que de subir les cris ou la colère qui le culpabilisent.

 - Donnée à bon escient, la punition n’est pas traumatisante

 Au contraire, bien souvent, elle soulage l’enfant. En effet, il vaut mieux recevoir une punition, l’accepter et la comprendre que de risquer de perdre l’affection et l’estime de ses parents. Or tout enfant, lorsqu’il enfreint la règle, se sent menacé de perdre l’affection de son parent.

Comment punir son enfant?

Toute punition n’est pas bonne. Il y en a même davantage de mauvaises que d’acceptables. La punition doit remplir tant de conditions et éviter de tomber dans tant de pièges éducatifs qu’il existe finalement très peu de bonnes punitions.

- La punition doit s’efforcer d’être :

- Proportionnelle à la bêtise commise (petite punition pour petite bêtise, punition plus importante pour grosse bêtise) et variable en fonction de l’âge de l’enfant (à bêtise égale, sanction différente selon que l’enfant est petit ou plus grand).

- Possible à réaliser. inutile de menacer votre enfant de le laisser sur le bord de la route, vous savez bien que vous êtes incapable de mettre votre menace à exécution et que cela vaut beaucoup mieux d’ailleurs. Vous l’avez déjà fait et êtes revenue le chercher quelque temps après? C’est une menace d’abandon très grave pour votre enfant qui va altérer sa confiance en vous et en l’adulte en général. Cela crée une insécurité majeure et un sentiment de dénuement chez l’enfant, toujours difficile, ensuite, à restaurer. Ne le refaites pas : vous risquez l’escalade dans la violence.

 - Déconnectée :

- Des besoins vitaux de l’enfant, comme la nourriture ou le sommeil.

Pas de « privé de dessert! » ou de « va te coucher immédiatement! » d’un autre temps... Le petit suisse du soir est aussi important que la purée-jambon. Et inutile de mettre dans la tête de votre enfant que dormir est une punition ou que le dessert est une récompense.

- De son statut « d’enfant grandissant »

Priver votre enfant d’argent de poche, c’est cesser de le reconnaître comme un «grand», capable de prendre cette responsabilité. La punition ne doit pas contribuer à faire régresser l’enfant.

Elle n’a pas pour but de le dégoûter de grandir. En supprimant l’argent de poche, c’est souvent à cela que l’on aboutit.

- Du travail scolaire de l’enfant.

Ainsi, obliger l’enfant à faire des lignes d’écriture revient à assimiler l’apprentissage des connaissances à une punition. Cela n’aide pas l’enfant à prendre ses responsabilités d’écolier et à travailler avec bonheur.

- Des tâches ménagères (débarrasser, faire son lit…)

Il est normal qu’un enfant aide dans la maison. Inutile de lui mettre dans la tête que mettre le couvert est une sanction.

- Des plaisirs essentiels de tous les enfants

Ainsi, priver l’enfant de cadeaux d’anniversaire, l’empêcher d’assister aux fêtes de Noël ou d’aller aux goûters d’amis, ou encore lui supprimer ses vacances... sont des sanctions trop graves et trop cruelles. Même s’il fait des bêtises, l’enfant a besoin d’être reconnu, gratifié et fêté. Les Noëls, les anniversaires, les vacances sont des projets très attendus pour lui et sa famille. Ces événements lui permettent de nourrir sa rêverie intérieure et de se créer quantité de souvenirs. Rappelez-vous...

Quelle que soit la gravité de sa bêtise, lui interdire ces plaisirs, reconnus à tous les enfants du monde (ou en tout cas du monde dans lequel il vit...), est donc une sanction trop forte. L’enfant sera tenté d’y répondre par de l’agressivité, de l’hostilité et de la colère. Le parent aboutirait au résultat inverse à celui visé par toute punition : apaiser les tensions. Ces punitions trop violentes font perdre à l’enfant, non seulement sa confiance (en l’adulte et en lui-même), mais aussi sa gaieté : l’enfant a besoin de joie de vivre pour se construire.

- Non violente et jamais humiliante. Pas question donc de lui jeter par surprise un verre d’eau à la figure ou de le précipiter sous une douche froide, toutes sanctions qui laissent l’enfant complètement humilié et pantelant... Simple et surtout pas compliquée. Plus on fait preuve d’inventivité dans la recherche de la punition, de mise en scène dans son exécution, plus on adopte un comportement sadique. Inutile de déployer des trésors d’imagination.

- Toujours entourée d’explications. La phrase clé : « Je t’ai expliqué ce que j’attendais de toi. Je comptais sur toi. Tu n’as pas respecté notre pacte. Je te punis pour ce que tu as fait» et non «parce que tu es méchant, nul, odieux... » et toute autre formule qui introduit un jugement de valeur sur l’enfant et contribue à entamer sa propre estime. De plus, ce n’est pas pour être «gentil», mais pour assumer ses propres responsabilités que l’enfant doit accepter les limites et les règles.

Exemples de punitions acceptables pour enfant

- Obliger l’enfant, même tout petit, à présenter ses excuses (sans pour autant le forcer à le faire tout seul, quand il s’agit d’un tiers, mais en s’en chargeant au besoin devant lui, à sa place...). Plus on apprend tôt à l’enfant à respecter les autres, plus il apprend à se respecter lui-même et moins il est nécessaire de recourir à la punition.

- Isoler l’enfant dans sa chambre ou dans la vôtre (version moderne de la mise au coin, à la porte ou aux toilettes et autres réminiscences du passé... l’humiliation en moins) sans la télé allumée. En lui disant : «Tu as fait une bêtise. Va réfléchir, nous en reparlerons ensemble après.»

- Le priver, pour quelques jours seulement, de télévision, de tablette, de Smartphone ou d’ordinateur.

- Lui supprimer les petites gâteries quotidiennes dont vous le gratifiez d’habitude : le Carambar, les images, le tour de manège, le copain qui vient jouer à la sortie de l’école (mais pas le goûter d’anniversaire auquel il était invité), la sortie au parc d’attractions qui était prévue avec sa grand-mère avant (mais qu’il pourra effectuer une autre fois)...

- Le laisser réparer sa faute. C’est un principe éducatif très simple : l’enfant qui a fait une bêtise doit la réparer à sa manière. Il peut recoller le dessin déchiré, nettoyer le mur sali ou effectuer une «tâche d’intérêt familial» à lui d’avoir une idée. Dites : « Tu as fait une bêtise, alors tu vas faire quelque chose pour compenser. » « Un enfant qui imagine des solutions pour racheter ses erreurs a vraiment le sentiment d’exister, d’être responsable et autonome.

 

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